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Vendre ses vêtements en ligne : Vinted, Vestiaire, dépôts-ventes

Allées de vêtements suspendus sous housses plastique dans un atelier de pressing

Pour vendre ses vêtements en ligne, trois circuits coexistent : Vinted pour le volume sans commission vendeur, Vestiaire Collective pour les marques de créateur avec une commission proche de 20 %, et Beebs pour la mode enfant et la puériculture. Le dépôt-vente physique garde un intérêt pour qui n’a pas le temps de gérer messages et colis. La bonne adresse dépend de la marque, du prix visé et du nombre de pièces à écouler.

Vinted : gratuit pour le vendeur, payant pour l’acheteur

Sur Vinted, publier et vendre ne coûte rien. Côté acheteur, la protection s’élève à 70 centimes fixes complétés de 5 % du montant de l’article, avec en plus le port choisi au paiement. Le vendeur imprime ou présente un bordereau prépayé, dépose le colis en point relais, et l’argent arrive dans son porte-monnaie Vinted une fois la réception confirmée par l’acheteur ou le délai de validation écoulé.

Prix affiché Frais acheteur Total hors port Encaissé par le vendeur
5 € 0,95 € 5,95 € 5 €
15 € 1,45 € 16,45 € 15 €
40 € 2,70 € 42,70 € 40 €
120 € 6,70 € 126,70 € 120 €

Pour un tee-shirt affiché 5 €, protection et port peuvent représenter la moitié de la somme payée : c’est la raison pour laquelle les petites pièces partent mieux en lot. Les options de mise en avant (boost d’un article, vitrine du dressing) sont facturées au vendeur qui le souhaite, à un tarif affiché dans l’application.

Vestiaire Collective : la commission contre un public luxe

Vestiaire Collective cible les marques de créateur et le luxe. Le vendeur paie une commission sur le prix de vente, révisée en 2026 : elle tourne autour de 20 % pour la plupart des articles, avec un montant forfaitaire sur les petits prix, ce qui rend la plateforme peu adaptée aux pièces de moins de 75 €. En échange, l’acheteur accepte des prix plus élevés, et une partie des articles passe par un contrôle d’authenticité avant de lui parvenir.

Le calcul se fait sur le net. Un sac Longchamp Le Pliage vendu 70 € sur Vinted rapporte 70 €. Le même sac proposé 85 € sur Vestiaire Collective tombe dans la zone du forfait et rapporte moins. Pour un sac de maroquinier à 900 €, la logique s’inverse : une commission de 180 € pèse moins lourd que l’écart de prix entre les deux publics, et la vérification rassure l’acheteur.

Beebs : enfant, puériculture et rachat en magasin

Propriété de Kiabi depuis 2024, Beebs couvre les vêtements d’enfant jusqu’à l’adolescence, la puériculture, les jouets et les livres. La vente est gratuite pour le vendeur ; l’acheteur paie des frais de protection et le port. Le public est constitué de parents qui cherchent une taille précise, ce qui raccourcit le délai de vente sur les lots par âge. Certains magasins Kiabi reprennent aussi des vêtements d’enfant contre des bons d’achat, une formule rapide pour des pièces de marque courante.

Dépôts-ventes et friperies : moins de travail, moins d’argent

Le dépôt-vente physique prend les vêtements en rayon et reverse une part du prix quand ils partent. La commission y est nettement plus élevée qu’en ligne, souvent entre 40 et 60 % selon les boutiques, et les pièces non vendues au bout de deux ou trois mois sont à récupérer. Certaines friperies et enseignes rachètent au poids ou contre des bons d’achat, un circuit utile pour vider un placard en une matinée. Il existe aussi des dépôts-ventes en ligne spécialisés dans le luxe, qui photographient et expédient à la place du vendeur contre une commission supérieure à celle d’une plateforme classique.

Pour un sac de vêtements de marque courante (Zara, H&M, Kiabi), la revente pièce par pièce rapporte rarement plus de 2 à 4 € l’article. À ce niveau, je préfère le lot ou le don plutôt que de passer une heure par colis.

Prix, photos et envoi : les réglages qui font vendre

Fixer le prix

Pour fixer le prix d’un vêtement, regarder les articles vendus de la même marque et de la même taille, pas ceux qui restent en ligne. Repères courants : 20 à 35 % du prix neuf pour du prêt-à-porter grand public en très bon état, 40 à 60 % pour une marque recherchée, davantage pour une pièce neuve avec étiquette. Laisser 10 à 15 % de marge pour la contre-offre, qui fait partie des usages sur les applis.

Les photos

Les photos de l’annonce se prennent à la lumière du jour, vêtement porté ou à plat sur un fond uni, avec un gros plan sur l’étiquette de composition et sur les éventuels défauts. La photo de couverture montre la pièce entière : c’est elle qui apparaît dans les résultats.

L’envoi

Un jean plié pèse environ 600 grammes, un manteau d’hiver plus d’un kilo : le format de colis choisi à la mise en ligne doit correspondre, sans quoi le bordereau ne passe pas. Une enveloppe kraft matelassée suffit pour un haut, un carton de récupération pour les chaussures. J’emballe toujours le vêtement dans un sac plastique fin avant l’enveloppe : un colis qui a pris la pluie en point relais arrive sec.

Exemple : vider une garde-robe en six semaines

Une penderie de 45 pièces, dont un manteau Sézane acheté 260 €, deux paires de baskets Veja, une vingtaine de hauts de grandes enseignes et quelques robes. Répartition : le manteau sur Vinted à 145 €, vendu 130 € après une offre ; les baskets à 55 et 60 €, parties en dix jours ; les hauts regroupés en trois lots de 15 € ; les robes à l’unité entre 12 et 25 €. Ce qui reste au bout de six semaines part en dépôt ou en don. Total encaissé : un peu plus de 400 €, sans un centime de commission, pour une quinzaine de dépôts en point relais.

Déclaration et revenus des ventes

Céder sa propre garde-robe sous son prix d’origine ne génère pas de revenu imposable. Passé le cap des 30 ventes, ou de 2 000 € touchés sur l’année civile, Vinted adresse au fisc un relevé du vendeur, ce qui ne crée pas d’impôt par lui-même. Le statut commercial s’impose seulement à qui achète des vêtements dans le but de les revendre avec marge.

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