Réduire sa facture de chauffage : 12 gestes chiffrés
Pour réduire votre facture de chauffage, le levier le plus rentable ne coûte rien : baisser la consigne. D’après l’ADEME, chaque degré en moins fait économiser environ 7 % de l’énergie consommée pour chauffer. Les onze autres gestes consistent à garder la chaleur produite à l’intérieur et à payer chaque kilowattheure au meilleur prix.
Le chauffage, premier poste de la facture d’énergie
Selon les chiffres de l’ADEME, le chauffage représente environ 66 % de l’énergie consommée dans un logement, et l’eau chaude à peu près 11 %. Autrement dit, sur trois euros dépensés pour l’énergie de la maison, deux partent dans les radiateurs. Gagner 10 % sur ce poste pèse donc bien plus lourd que d’éteindre toutes les veilles de la maison.
Régler les bonnes températures (gestes 1 à 4)
| Pièce ou situation | Température conseillée par l’ADEME |
|---|---|
| Séjour, cuisine, bureau occupés | 19 °C |
| Chambre la nuit | 17 °C |
| Pièces inoccupées en journée | 16 à 17 °C |
| Salle de bains pendant la toilette | 22 °C |
| Absence de plusieurs jours | mode hors-gel |
- Passer de 21 à 19 °C dans les pièces de vie : environ 14 % d’économie sur le chauffage, selon la règle des 7 % par degré.
- Baisser la nuit : 17 °C dans les chambres, et un gros pull pour la soirée sur le canapé. Une chambre fraîche se prête d’ailleurs mieux à la nuit qu’une chambre surchauffée.
- Ne pas chauffer les pièces vides : chambre d’amis, bureau inutilisé, cellier. Porte fermée, radiateur sur 16 °C ou en hors-gel.
- Programmer les absences : un logement vide entre 8 h et 18 h n’a pas besoin de 19 °C. Les absences courtes se gèrent en abaissant la consigne, les longues en hors-gel.
Garder la chaleur dedans (gestes 5 à 8)
- Fermer volets et rideaux épais à la tombée de la nuit : les vitrages restent la surface la plus froide d’une pièce. Des volets clos limitent les pertes nocturnes ; en journée, ouvrez côté soleil pour profiter de l’apport gratuit.
- Calfeutrer portes et fenêtres : boudin de porte, joints adhésifs en mousse ou en caoutchouc sur les ouvrants qui sifflent par grand vent. Comptez quelques euros par fenêtre, posés en dix minutes.
- Dégager les radiateurs : un canapé collé devant, un cache-radiateur fermé ou du linge qui sèche dessus bloquent la circulation de l’air chaud. L’ADEME le rappelle dans ses écogestes.
- Poser un réflecteur derrière les radiateurs fixés sur un mur extérieur : une simple feuille isolante réfléchissante renvoie vers la pièce une partie de la chaleur qui partait dans le mur.
Aérer reste indispensable, même l’hiver : cinq à dix minutes fenêtres grandes ouvertes, radiateurs coupés, renouvellent l’air sans refroidir les murs. Une fenêtre entrouverte toute la journée fait l’inverse. Un air jamais renouvelé, lui, favorise la condensation, l’humidité puis la moisissure dans les angles.
Entretenir l’installation (gestes 9 et 10)
- Purger les radiateurs à eau chaque automne : un radiateur froid en haut et chaud en bas contient de l’air. Une clé de purge, un chiffon, un quart de tour jusqu’à ce que l’eau coule, et le radiateur chauffe sur toute sa hauteur.
- Faire entretenir la chaudière tous les ans : l’entretien annuel est obligatoire pour les chaudières gaz, fioul ou bois. Une chaudière bien réglée consomme moins, et l’attestation d’entretien peut vous être réclamée par l’assureur après un sinistre. Pour trouver un chauffagiste sérieux, demandez plusieurs devis et comparez le contenu de la visite, pas seulement le prix.
Payer chaque kilowattheure moins cher (gestes 11 et 12)
- Installer un thermostat programmable : il automatise les gestes 2 à 4, sans dépendre de la mémoire de chacun. La réglementation impose un système de régulation par pièce ou par zone dans les logements existants avant le 1er janvier 2030 (l’échéance de 2027 ne concerne plus que le neuf), avec des exemptions, notamment pour les poêles à bûches et cheminées alimentés à la main.
- Régler le chauffe-eau et vérifier l’option tarifaire : l’ADEME conseille un ballon réglé autour de 55 °C et programmé en heures creuses. Au tarif réglementé d’EDF en vigueur depuis le 1er août 2026, le kilowattheure coûte 0,2001 € TTC en option Base (3 à 6 kVA), contre 0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses. L’option heures pleines/heures creuses devient intéressante si une bonne part de la consommation (ballon, lave-linge, lave-vaisselle) bascule la nuit.
Exemple : un appartement de 60 m² chauffé à l’électricité
Prenons un deux-pièces de 60 m² en convecteurs électriques, avec une consommation de chauffage estimée à 6 000 kWh par an (un ordre de grandeur courant pour un logement moyennement isolé ; la vôtre figure sur votre facture ou votre espace client). Au tarif Base de 0,2001 €, le chauffage coûte environ 1 200 € par an, hors abonnement.
| Geste | Effet estimé | Économie annuelle |
|---|---|---|
| Séjour de 21 à 19 °C | environ 14 % du chauffage | environ 170 € |
| Chambre de 19 à 17 °C la nuit | quelques points supplémentaires | plusieurs dizaines d’euros |
| Joints, volets, radiateurs dégagés | variable selon le logement | difficile à isoler, mais visible au compteur |
À elle seule, la consigne abaissée de deux degrés rembourse un thermostat programmable d’entrée de gamme dès le premier hiver. C’est la ligne à inscrire en premier dans un budget mensuel serré : elle demande un réglage, pas un achat.
Le geste qui ne sert à rien
Couper complètement le chauffage pendant la journée dans un logement mal isolé, puis le pousser à fond le soir : les murs refroidis demandent beaucoup d’énergie pour remonter en température, et la sensation de froid persiste. Entre couper et abaisser, je choisis toujours d’abaisser, sauf pour une absence de plusieurs jours. Je n’ai pas fait le calcul pour une maison chauffée au bois, où le prix de la stère change toute l’équation ; les gestes 1 à 9 s’y appliquent pourtant sans réserve.
Le chauffage d’appoint électrique ou au pétrole, lui, figure dans la liste des appareils que l’ADEME déconseille : coûteux à l’usage, il donne l’illusion d’une économie parce qu’il ne chauffe qu’une pièce.
On me demande aussi
Quelle température mettre dans une maison en hiver ?
L'ADEME recommande 19 °C dans les pièces de vie occupées et 17 °C dans les chambres la nuit. Une salle de bains peut monter à 22 °C le temps de la toilette, puis redescendre à 16 ou 17 °C.
Est-ce plus économique de laisser le chauffage allumé tout le temps ?
Laisser tourner à 19 °C un logement vide n'est pas économique ; l'éteindre complètement ne l'est pas toujours non plus si l'isolation est faible. La bonne pratique consiste à abaisser à 16 ou 17 °C pendant les absences courtes et à passer en hors-gel au-delà de deux ou trois jours.
Combien coûte un degré de chauffage en plus ?
Environ 7 % de consommation de chauffage en plus, selon l'ADEME. Sur une facture de chauffage de 1 200 € par an, chaque degré au-dessus de la consigne coûte donc autour de 80 €.
L'option heures creuses vaut-elle le coup avec un chauffage électrique ?
Elle se justifie surtout si le chauffe-eau, le lave-linge et le lave-vaisselle tournent la nuit. Les convecteurs fonctionnent surtout en journée et en soirée, donc en heures pleines, plus chères que le tarif Base. Faites le calcul sur votre propre consommation avant de changer.