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High-tech

Wi-Fi lent : diagnostic et solutions

Routeur wifi noir à quatre antennes posé sur une table
Un routeur wifi et ses quatre antennes © Daniel Aleksandersen, CC BY-SA 2.0 — Wikimedia Commons

Un wifi lent a rarement pour origine l’abonnement lui-même : dans la plupart des logements, le débit se perd entre la box et l’appareil, à cause d’un mur, d’une bande de fréquence mal choisie ou d’un voisinage trop bavard. Un test de cinq minutes suffit pour savoir de quel côté chercher. La suite se règle souvent sans rien acheter.

Le test qui tranche : câble contre Wi-Fi

Branchez un ordinateur portable à la box avec un câble Ethernet, fermez les autres applis et lancez un test de débit. Refaites la mesure en Wi-Fi, à un mètre de la box, puis dans la pièce où la connexion rame.

Résultat Diagnostic Piste
Lent même au câble Ligne, box ou opérateur Redémarrage, test à une autre heure, appel au service client
Rapide au câble, rapide près de la box, lent au loin Portée du signal Emplacement de la box, bande, répéteur ou mesh
Rapide au câble, lent même à côté de la box Réglages Wi-Fi ou appareil Bande 5 GHz, canal, pilote ou appareil ancien
Lent seulement le soir Saturation, chez vous ou sur le réseau Nombre d’appareils, sauvegardes en ligne, heure de pointe

Un abonnement fibre annoncé à 1 Gb/s ne donnera jamais 1 Gb/s en Wi-Fi sur un téléphone : 300 à 600 Mb/s près de la box est déjà un bon score avec un appareil récent. En ADSL, en revanche, le Wi-Fi est rarement le maillon faible : la ligne plafonne bien avant.

La place de la box compte plus que sa puissance

Les ondes Wi-Fi traversent mal le béton, les murs porteurs, les miroirs, l’eau (aquarium, ballon d’eau chaude) et le métal. Une box rangée au fond d’un meuble télé fermé, au ras du sol, perd une bonne partie de sa portée avant même d’arriver au salon.

  • la sortir du meuble et la poser à hauteur de table, antennes dégagées ;
  • la placer aussi près que possible du centre du logement, quitte à rallonger le câble de la prise fibre ;
  • l’éloigner du micro-ondes, des bases de téléphones sans fil et des enceintes Bluetooth ;
  • ne rien empiler dessus : elle chauffe, et une box qui chauffe ralentit.

2,4, 5 ou 6 GHz : choisir la bonne bande

Les box récentes émettent sur plusieurs bandes, parfois sous un seul nom de réseau. Chacune a ses forces :

  • 2,4 GHz : longue portée, traverse mieux les murs, mais débit modeste et bande très encombrée en immeuble ;
  • 5 GHz : bien plus rapide, moins de voisins, portée plus courte d’une pièce ou deux ;
  • 6 GHz (Wi-Fi 6E et Wi-Fi 7) : très rapide et presque vide, mais portée réduite et réservée aux appareils compatibles.

Quand la box mélange tout sous un seul nom, certains téléphones restent accrochés au 2,4 GHz par habitude. Séparer les deux bandes dans l’interface de la box, avec deux noms distincts, permet de forcer le 5 GHz sur la télé, la console et le PC, et de laisser le 2,4 GHz aux objets connectés (prises, caméras, aspirateur robot) qui ne savent souvent rien faire d’autre.

Un canal saturé par les voisins

En immeuble, une vingtaine de réseaux peuvent se disputer les mêmes canaux. Sur 2,4 GHz, seuls les canaux 1, 6 et 11 ne se chevauchent pas : une appli d’analyse Wi-Fi sur Android, ou l’outil de diagnostic sans fil intégré au Mac, montre lesquels sont les plus chargés. La plupart des box choisissent le canal automatiquement, avec plus ou moins de bonheur ; forcer un canal libre dans l’interface d’administration, puis comparer les débits pendant quelques jours, vaut l’essai.

Sur 5 GHz, le problème se pose bien moins : les canaux sont nombreux et le signal porte moins loin, donc vos voisins vous gênent peu.

Les causes qui ne viennent pas des ondes

  • Trop d’appareils actifs : une console qui télécharge un jeu de 80 Go, une sauvegarde de photos vers le cloud et deux vidéos en 4K se partagent le même tuyau.
  • Une box jamais redémarrée : une coupure de trente secondes une fois par mois et l’application des mises à jour proposées par l’opérateur règlent des lenteurs inexpliquées.
  • Un appareil ancien : un portable de 2015 limité au Wi-Fi 4 bride la connexion quoi qu’on fasse côté box.
  • Un réseau ouvert ou au code partagé : changez le mot de passe Wi-Fi d’origine, imprimé sous la box, et choisissez le chiffrement WPA2 ou WPA3.

Étendre le réseau : répéteur, CPL ou mesh

Si la portée reste le souci une fois la box bien placée, trois familles de matériel existent :

  • le répéteur : le moins cher, il capte le signal et le réémet. Il divise souvent le débit disponible et crée parfois un second réseau à rejoindre à la main. Correct pour une chambre isolée.
  • le CPL : il fait passer les données par les fils électriques, puis réémet du Wi-Fi ou fournit une prise Ethernet. Efficace entre deux étages, capricieux sur une installation ancienne ou derrière une multiprise.
  • le système mesh : deux ou trois bornes qui forment un seul réseau, le téléphone passant de l’une à l’autre sans coupure. Le plus confortable, aussi le plus cher : comptez en général de 100 à 300 € le kit selon la norme.

Pour une maison sur deux niveaux, je prends le mesh sans hésiter : un répéteur à 30 € finit presque toujours au fond d’un tiroir. Beaucoup d’opérateurs louent aussi des répéteurs compatibles avec leur box, intégrés à certaines offres ; demandez avant d’acheter.

Exemple : une maison de 110 m² sur deux étages

Une fibre à 1 Gb/s, une box au rez-de-chaussée dans le meuble télé, et à l’étage une chambre transformée en bureau où le test affiche 25 Mb/s en Wi-Fi, avec des visioconférences qui figent. Au câble, la box donne 940 Mb/s : la ligne n’y est pour rien.

  1. Box sortie du meuble et posée sur une étagère à 1,20 m : le bureau passe à 60 Mb/s.
  2. Bandes séparées, ordinateur forcé sur le 5 GHz : il retombe à 40 Mb/s, le signal 5 GHz traversant mal la dalle. Retour au 2,4 GHz pour ce poste de travail, avec un canal libre : 80 Mb/s.
  3. Kit mesh de deux bornes, la seconde sur le palier : 350 Mb/s dans le bureau, et plus aucune coupure en appel vidéo.

Les deux premières mesures n’ont rien coûté et ont triplé le débit ; pour du télétravail en visio, 80 Mb/s suffisaient d’ailleurs largement. Le mesh est un confort, pas une obligation. Si l’ordinateur reste toujours au même endroit, un câble Ethernet tiré le long de l’escalier fait encore mieux pour une quinzaine d’euros. Je n’ai jamais vu un Wi-Fi, même haut de gamme, battre un bon câble en stabilité.

On me demande aussi

Pourquoi mon wifi est lent alors que j'ai la fibre ?

La fibre apporte le débit jusqu'à la box, mais le Wi-Fi doit ensuite traverser murs et planchers. Un test au câble Ethernet montre si la ligne est bonne. Si c'est le cas, l'emplacement de la box ou la bande utilisée sont en cause.

Comment savoir si je suis en 2,4 GHz ou 5 GHz ?

Sur un ordinateur, les détails de la connexion Wi-Fi indiquent la bande ou le canal : un canal entre 1 et 13 signifie 2,4 GHz, au-delà de 36 il s'agit du 5 GHz. Sur téléphone, le menu du réseau connecté donne souvent la fréquence.

Un répéteur wifi fait-il baisser le débit ?

Souvent, oui : un répéteur classique reçoit et réémet sur la même radio, ce qui peut réduire de moitié le débit disponible. Les modèles bi-bande et les systèmes mesh limitent cette perte. Bien placé, un répéteur reste malgré tout plus rapide qu'un signal trop faible.

Faut-il éteindre sa box la nuit ?

Ce n'est pas nécessaire pour la vitesse : un redémarrage mensuel suffit. L'extinction nocturne économise quelques kilowattheures par an, mais elle peut retarder les mises à jour automatiques. Une programmation horaire du Wi-Fi, proposée par plusieurs box, offre un bon compromis.

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