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Ventes en ligne et impôts : le seuil des 30 ventes et 2 000 euros

Bureau blanc avec ordinateur portable, calculatrice, carnet ouvert et stylo
Calculatrice et carnet sur un bureau Photo Wikimedia Commons, CC0, Wikimedia Commons

Ventes Vinted, impôts et seuil DAC7 : la règle tient en deux phrases : la plateforme signale au fisc tout vendeur arrivé à 30 ventes, ou à 2 000 € de recettes, au cours de l’année civile, et revendre ses affaires personnelles usagées ne coûte aucun impôt, déclaration ou pas. Le seuil déclenche une information, pas un impôt. Ce sont la nature des objets et la façon de vendre qui décident de l’imposition.

DAC7 : les données envoyées au fisc

La directive européenne DAC7, transposée dans le Code général des impôts, oblige les plateformes de mise en relation (Vinted, Leboncoin, eBay, Back Market, Rakuten…) à déclarer chaque année les vendeurs actifs. Un vendeur sort du champ de la déclaration seulement s’il reste sous les deux limites à la fois : moins de 30 ventes et moins de 2 000 € sur l’année civile. Une seule limite atteinte suffit pour figurer dans la déclaration des plateformes.

  • nom, prénom, adresse et date de naissance du vendeur ;
  • numéro fiscal et, le cas échéant, numéro SIREN ;
  • IBAN du compte de versement ;
  • montant total encaissé par trimestre et nombre de ventes ;
  • frais et commissions prélevés par la plateforme.

La transmission a lieu en janvier pour l’année écoulée, et la plateforme envoie une copie des données au vendeur. Les premières transmissions ont porté sur l’année 2023. La DGFiP a publié en 2024 une analyse qui situe autour de 40 milliards d’euros les montants encaissés par l’ensemble des vendeurs de ces sites en 2022.

Un récapitulatif erroné se conteste auprès du service client de la plateforme, qui corrige sa déclaration. Le cas typique : un compte familial où plusieurs personnes vendent leurs affaires sous le même identifiant, ce qui gonfle artificiellement le nombre de ventes d’une seule personne.

Vendre ses propres affaires : pas d’impôt

Les revenus des ventes d’objets personnels d’occasion ne sont pas des revenus au sens fiscal : on revend à perte un bien qu’on a utilisé. Le Code général des impôts exonère les meubles meublants, les appareils ménagers et les voitures, et plus largement tout bien meuble cédé 5 000 € ou moins. Une garde-robe vidée, un canapé, un vélo, une console : rien à déclarer, même au-delà de 30 ventes.

Exemple : 45 ventes dans l’année

Une mère de famille vend sur Vinted 45 articles dans l’année : vêtements devenus trop petits, chaussures, jouets, pour un total de 1 350 €. Elle dépasse les 30 ventes : la plateforme la déclare au fisc en janvier. Comme il s’agit de ses affaires personnelles, usagées, revendues moins cher qu’achetées, elle n’a rien à payer ni à ajouter sur sa déclaration de revenus. Si un contrôle survient, quelques photos des articles portés, d’anciennes factures ou l’historique de ses achats suffisent à montrer qu’elle vide ses placards.

Les objets de plus de 5 000 € : bijoux, art, collection

Un bien vendu plus de 5 000 € (hors meubles meublants, électroménager et voiture) sort de l’exonération. Pour les bijoux, objets d’art, de collection et antiquités, deux régimes coexistent :

Régime Taux Base
Taxe forfaitaire (par défaut) 6,5 % (6 % + 0,5 % de CRDS) Prix de vente total
Régime des plus-values (sur option, avec justificatif d’achat) 19 % d’impôt + prélèvements sociaux Plus-value, abattue de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième

Un tableau acheté 4 000 € il y a vingt ans et revendu 9 000 € : la taxe forfaitaire coûte 585 € ; au régime des plus-values, 18 années d’abattement à 5 % réduisent la plus-value de 5 000 € à 500 € imposables. Avec une facture d’achat, l’option se calcule toujours. Les métaux précieux (pièces et lingots d’or) relèvent d’un taux forfaitaire distinct, plus élevé.

Quand la vente devient une activité

Acheter pour revendre change tout. Le particulier qui chine en vide-grenier pour revendre en ligne, qui achète des baskets en édition limitée pour les remettre en vente, ou qui fabrique et vend des bijoux, exerce une activité commerciale ou artisanale. Les indices retenus par l’administration sont concrets :

  • des articles neufs, avec étiquette, en plusieurs tailles ou plusieurs exemplaires ;
  • des achats réguliers suivis de reventes rapides avec marge ;
  • un volume et une fréquence sans rapport avec un foyer ordinaire ;
  • des créations faites main vendues en série.

Dans ces cas, le bénéfice est imposable dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le statut de micro-entrepreneur est le plus courant : immatriculation gratuite, cotisations sociales de 12,3 % du chiffre d’affaires pour la vente de marchandises, et compte vendeur professionnel sur la plateforme.

Leboncoin, eBay, Facebook Marketplace : même règle

Le seuil des 30 ventes ou 2 000 € s’applique plateforme par plateforme. Un vendeur à 20 ventes sur Vinted et 20 sur Leboncoin n’est déclaré par aucune des deux. Sur Leboncoin, seules les ventes passées par le paiement sécurisé sont connues de la plateforme ; un échange réglé en liquide lors d’une remise en main propre n’entre pas dans son décompte. Aucune de ces différences ne change la fiscalité elle-même, qui dépend uniquement des objets vendus et de la façon de les obtenir.

Locations et services : un autre régime

DAC7 couvre aussi la location de logements et de biens (voiture, matériel) et les prestations de services entre particuliers. Pour ces revenus, l’exonération des ventes d’occasion ne joue pas : la location d’un appartement de vacances, d’une voiture ou d’une perceuse rapporte un revenu imposable, sauf exceptions comme le partage de frais d’un covoiturage. Les services entre particuliers rémunérés (cours, bricolage, garde) se déclarent également.

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