Aller au texte

Carnet

Vendre ses livres, CD, DVD et jeux vidéo : rachat ou annonce

Piles de livres d'occasion entassés jusqu'au plafond dans une librairie
Librairie d'occasion pleine à craquer Photo Cristina Gottardi, CC0, Wikimedia Commons

Pour vendre ses livres, deux voies s’opposent : le rachat immédiat, où un site fixe le prix en scannant le code-barres, et l’annonce, plus lente mais nettement mieux payée sur les titres recherchés. Un roman de poche se rachète souvent entre 10 et 50 centimes, une BD récente ou un jeu vidéo console se revend plusieurs euros entre particuliers. Le bon choix dépend du volume à écouler et du temps disponible.

Le rachat immédiat par code-barres

Momox est le service le plus connu en France. Le principe tient en quatre gestes : scanner le code-barres avec l’application ou saisir l’ISBN, accepter le prix proposé, imprimer l’étiquette prépayée, déposer le carton en point relais. L’envoi devient gratuit à partir d’une valeur minimale de colis, de l’ordre d’une dizaine d’euros. Le paiement arrive par virement après le contrôle de l’état, quelques jours après réception.

Les refus portent sur les livres annotés, tachés, jaunis, les disques rayés, les boîtiers sans jaquette, et sur les titres sans ISBN. Beaucoup de best-sellers des années 2000 ne valent plus rien : tirés à des centaines de milliers d’exemplaires, ils saturent le stock.

Les autres guichets de rachat

  • Librairies d’occasion (Gibert, Boulinier dans quelques villes) : rachat au comptoir, en espèces ou en bon d’achat majoré, sur des livres en bon état.
  • Magasins d’occasion multiproduits (Cash Converters, Easy Cash) : jeux vidéo, consoles, parfois DVD, prix affichés en caisse.
  • Bouquinistes et brocanteurs : intéressés par les livres anciens, les beaux livres, les éditions numérotées.

L’annonce : plus lent, mieux payé

Sur Leboncoin, Vinted ou eBay, le vendeur fixe son prix. L’écart avec le rachat immédiat se mesure facilement : une intégrale de série fantasy à 4 € chez un racheteur part souvent à 15 ou 20 € en annonce. En contrepartie, il faut photographier, répondre aux messages, emballer.

Les lots fonctionnent bien pour les livres de faible valeur : « 20 romans policiers en poche, 15 € » attire un lecteur gourmand qui viendra les chercher. Les titres à forte valeur se vendent à l’unité : BD en première édition, manga en série complète, livres scolaires de l’année en cours, beaux livres de cuisine ou d’art.

Prix observés selon le support

Support Rachat immédiat Annonce entre particuliers
Roman de poche courant 0 à 0,50 € 1 à 2 €, souvent en lot
BD cartonnée récente 1 à 4 € 5 à 10 €
Manga, série complète quelques euros par tome 2 à 4 € par tome
DVD de film 0 à 1 € 1 à 3 €, coffrets à part
CD audio 0 à 1 € 1 à 5 €, vinyles bien au-dessus
Jeu vidéo console récent 5 à 20 € 15 à 40 €

Ces fourchettes viennent des annonces et offres de rachat constatées : un titre culte, une édition limitée ou un jeu devenu rare sortent du tableau par le haut.

Un exemple : vider deux étagères

Deux étagères contiennent 120 livres de poche, 30 BD, 60 DVD et 8 jeux Switch. Le scan complet donne une offre de rachat de 74 €, dont 52 € pour les seuls jeux vidéo et une trentaine de poches affichés à zéro.

La version mixte rapporte davantage : les 8 jeux en annonce à l’unité, vendus 210 € en trois semaines ; les 30 BD en deux lots de 15, partis à 60 et 70 € ; les poches acceptés par le racheteur pour 14 € ; les DVD en un seul lot de 25 €. Total : 379 €, contre 74 € en rachat global. Les livres refusés partent en don.

Pour ce genre de tri, je passe les jeux et les BD en annonce et je laisse le reste au rachat : le gain sur les poches ne paie pas le temps passé.

CD, DVD et jeux vidéo : un marché à deux vitesses

Le DVD et le CD ont perdu presque toute leur valeur avec le streaming : seuls les coffrets, les éditions collector et certains albums épuisés se vendent encore à l’unité. Le vinyle suit le chemin inverse : un pressage d’origine des années 1970 en bon état vaut parfois plus que le prix de sortie, à condition de préciser l’état de la pochette et du disque.

Les jeux vidéo gardent mieux leur cote, surtout ceux des consoles en circulation et les grandes licences. Les jeux rétro complets en boîte, avec notice, intéressent les collectionneurs : sur ces titres, une annonce détaillée avec la photo du dos de la boîte et du disque fait la différence. Le vide-grenier reste la vitrine idéale pour les DVD et les poches à un euro.

RecycLivre et le don

RecycLivre récupère gratuitement les livres d’occasion, les revend en ligne et reverse 10 % des revenus nets à des associations. Le donneur n’est pas payé, mais la collecte vient parfois à domicile pour les gros volumes, et rien ne finit à la benne. Les boîtes à livres de quartier, les médiathèques et les associations de lecture complètent l’éventail pour les titres refusés partout.

Envoi et déclaration

Un livre ou un DVD voyage dans une enveloppe matelassée : quelques centaines de grammes, le tarif d’un petit colis en point relais. Les plateformes à envoi intégré génèrent l’étiquette. Pour la déclaration, une vente de ses propres livres reste une vente d’objets personnels. Un vendeur qui atteint 30 ventes dans l’année, ou 2 000 € de recettes, voit ses données transmises par la plateforme à l’administration fiscale ; un livre cédé sous son prix d’achat ne génère pas d’impôt pour autant.

Dans le même esprit : Lexique des petites annonces · Une annonce sans réponse · Revendre un billet de concert ou de match · Antiquités et objets vintage

D'autres réponses